L'Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul : Un Chef-d'Œuvre au Cœur de Freigné
Dominant la vallée et les eaux de l'Erdre, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est le joyau architectural de Freigné. Derrière ses voûtes néo-gothiques se…
Par Les Amis du Patrimoine de Freigné · · 4 min de lecture
Dominant la vallée et les eaux de l'Erdre, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est le joyau architectural de Freigné. Derrière ses voûtes élancées de style néo-gothique se cache une histoire de résilience, celle d'un village qui a su se mobiliser pour rebâtir son patrimoine.
L'édifice originel : un héritage effacé par le temps
Bien avant que la flèche actuelle ne perce le ciel des Vallons-de-l'Erdre, une première église se dressait sur la place du village. Modeste mais hautement symbolique, elle abritait l'enfeu (le caveau) des puissants seigneurs de Bourmont.
Les affres du temps et les ravages de la période révolutionnaire eurent raison de ses murs. Au milieu du XIXᵉ siècle, le bâtiment menaçait ruine. Il ne pouvait plus accueillir dignement les paroissiens. Il fallait agir.
1849 : le début d'un chantier monumental
L'audace de la commune, sous l'impulsion du maire Alexis Gaudin, fut remarquable. Pour financer la construction d'une nouvelle église, la municipalité décida la vente de 484 hectares de terrains communaux (les landes) : l'adjudication de 1847 rapporta la somme considérable de 223 746 francs. Le projet fut confié à l'architecte angevin Édouard Heulin, et la construction à l'entreprise Fidèle Dodin, de Nantes. La première pierre fut bénite le 23 avril 1849, après la démolition de l'ancienne église et de la chapelle attenante ; la première grand-messe y fut célébrée dès le 29 mai 1851, jour de l'Ascension.
Conçue dans un magnifique style gothique inspiré du XIIIᵉ siècle, elle devint rapidement l'une des plus vastes et des plus belles églises de la contrée. Elle fut officiellement consacrée le 10 avril 1866 par Monseigneur Angebault, évêque d'Angers. L'aménagement intérieur fut parachevé en 1903.
Deux épreuves au XXᵉ siècle
Le destin de l'édifice ne fut pas un long fleuve tranquille. En 1948, un violent orage abattit le clocher. Sept ans plus tard, en 1955, un incendie ravagea le chœur et détruisit entièrement la grande porte de la sacristie. À chaque fois, la communauté freignéenne se remobilisa pour relever son église, cette même résilience qui anime aujourd'hui l'association.
Des trésors intérieurs protégés par l'État
Pénétrer dans l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, c'est découvrir un ensemble artistique d'une rare cohérence. Le chœur et les transepts sont illuminés par l'œuvre du maître-verrier nantais René Échappé. Trois de ces vitraux, celui du parvis et les deux rosaces latérales, sont classés au titre des Monuments Historiques.
Le regard est aussi attiré par les peintures décoratives ornant les chapelles, œuvres des artistes angevins Grasneau et Robert (1861-1865). Le chœur se distingue par un remarquable carrelage en grès émaillé et de majestueuses stalles en bois sculpté par Grasneau en 1872. Le chemin de croix, lui, fut offert en 1887 par Raoul de Bourmont, moine trappiste.
Les peintures murales et leur signature
Si la nef conserve la pierre nue de ses hautes voûtes, certaines parties de l'église, le chœur et les chapelles, sont en revanche richement peintes : voûtes bleues semées d'étoiles d'or, frises, fleurs de lys, médaillons et grandes fresques mariales comme l'Assomption. Ces peintures murales donnent à ces espaces une atmosphère saisissante, et, fait précieux, elles sont datées et signées. Sur l'une des frises court l'inscription peinte « CAMILLE ROBERT PINX. DECORAV. 1862 » : en latin abrégé, pinxit (« a peint ») et decoravit (« a décoré »), soit « Camille Robert l'a peinte et décorée, en 1862 ». On y reconnaît le « Robert » qui, avec Grasneau, orna ces parties de l'église entre 1861 et 1865.
L'église de Freigné conserve aussi de belles statues polychromes, dont celle de saint Maimbœuf, évêque d'Angers, reconnaissable au taureau couché à ses pieds, ainsi que de grands tableaux du XIXᵉ siècle, tel « Les Femmes au tombeau », scène de la Résurrection présentée près du chœur.
Un clocher à 51 mètres d'altitude
À l'extérieur, la flèche hexagonale en tuffeau est couronnée d'un coq qui culmine à 51 mètres du sol. À 34 mètres, une promenade entoure le clocher, lequel abrite fièrement quatre cloches baptisées en 1899 sous le pontificat de Léon XIII : le bourdon Germaine, la grosse cloche Renée, la moyenne Bertrande et la petite Jacqueline. Aujourd'hui, l'association des Amis du Patrimoine de Freigné œuvre sans relâche pour que ce joyau, dont l'horloge a récemment retrouvé sa voix, puisse rouvrir ses portes au public et continuer de traverser les siècles.
Situer ce lieu sur la carte interactive des Vallons-de-l'Erdre
Ce lieu se trouve sur la commune de Freigné, dans les Vallons-de-l'Erdre. À lire aussi : histoire et patrimoine de Freigné.
Questions fréquentes
Quand l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Freigné a-t-elle été construite ?
L'église actuelle, de style néo-gothique inspiré du XIIIᵉ siècle, a été édifiée à partir de 1849 sous l'impulsion du maire Alexis Gaudin, puis consacrée le 10 avril 1866 par Monseigneur Angebault, évêque d'Angers. Elle remplaçait une église plus ancienne tombée en ruine.
Que voir à l'intérieur de l'église de Freigné ?
Des vitraux du maître-verrier nantais René Échappé (dont trois classés Monuments Historiques), les peintures murales du chœur et des chapelles (Grasneau et Robert, 1861-1865), un carrelage en grès émaillé, des stalles en bois, la statue polychrome de saint Maimbœuf et le tableau « Les Femmes au tombeau ».
Quelle est la hauteur du clocher de l'église de Freigné ?
La flèche hexagonale en tuffeau, couronnée d'un coq, culmine à 51 mètres. Une promenade entoure le clocher à 34 mètres ; il abrite quatre cloches baptisées en 1899.
L'église de Freigné a-t-elle été endommagée au XXᵉ siècle ?
Oui, deux fois : un violent orage a abattu le clocher en 1948, et un incendie a ravagé le chœur en 1955. À chaque fois, le village s'est mobilisé pour la restaurer.