Saint-Germain et Saint-Marc : deux statues de Freigné sauvées par des lycéens
Deux statues en bois polychrome des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, promises à l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Freigné, ont été restaurées grâce à une…
Par Les Amis du Patrimoine de Freigné · · 3 min de lecture
Deux figures de bois patiemment sculptées, l'une au XVIᵉ siècle, l'autre au XVIIᵉ, ont bien failli disparaître, rongées par les insectes et le temps. Saint-Germain et Saint-Marc, destinés à l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Freigné, dans les Vallons-de-l'Erdre (Loire-Atlantique), doivent aujourd'hui leur survie à un partenariat rare — et à la décision d'une classe de lycéens.
Deux saints de bois, rescapés des siècles
Les deux statues représentent Saint-Germain, reconnaissable à sa mitre d'évêque, et Saint-Marc l'évangéliste. Taillées dans un bois tendre et rehaussées de polychromie, elles comptent parmi les plus anciennes œuvres mobilières attachées à la paroisse. Attaquées par les insectes xylophages, fragilisées par des fentes et des pertes de matière, elles réclamaient une intervention urgente avant que leur bois ne cède définitivement.
Quand des lycéens décident du sort d'un patrimoine
L'histoire tient à un choix inattendu : ce sont des élèves de bac professionnel SAPAT (Services aux personnes et animation dans les territoires) du lycée Saint-Joseph de Châteaubriant qui ont, par un vote, fléché une dotation régionale de 10 000 € vers la sauvegarde de ces deux statues. Un geste citoyen qui a transformé de simples lycéens en mécènes du patrimoine de leur territoire, et donné le coup d'envoi du chantier.
Anoxie, refixage, réversibilité : le travail de la restauratrice
La restauration, confiée à la restauratrice Jeanne Thibaudeau, a débuté par une étape spectaculaire : l'anoxie dynamique. Enfermées vingt-et-un jours durant dans des caissons privés d'oxygène, les statues ont été débarrassées des insectes qui les dévoraient de l'intérieur. Sont ensuite venus le dépoussiérage, la purge et la consolidation du bois, le comblement des trous d'envol et des fentes, puis le refixage de la polychromie.
Les parties les plus abîmées — la main et la mitre de Saint-Germain, en bois tendre — ont été renforcées par infiltration. Conformément à la déontologie de la conservation, tous les produits employés sont réversibles : une restauration future pourra les retirer sans altérer l'œuvre. Le coût de l'opération, environ 6 000 €, n'a rien coûté à la commune.
Un chantier porté par tout un réseau
Derrière ce sauvetage se tient une chaîne d'acteurs. La Fondation La Sauvegarde de l'Art Français et la Région des Pays de la Loire ont rendu la dotation possible, avec l'appui de la DRAC. L'entreprise Arthema, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, et les Amis du Patrimoine de Freigné ont accompagné le projet, lancé dès 2023. Pour David Évain, maire délégué de Freigné, c'est la démonstration qu'un patrimoine modeste peut mobiliser des énergies bien au-delà des frontières de la commune.
Bientôt visibles dans l'église
Les deux saints patientent aujourd'hui à l'abri, dans la sacristie de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, en attendant de prendre place près des fonts baptismaux. Ils viendront enrichir un ensemble patrimonial déjà remarquable : à découvrir parmi les incontournables de Freigné, aux côtés du château de Bourmont, du manoir de Ghaisne et des menhirs de Bennefraye.
La préservation de ce patrimoine repose aussi sur l'engagement de chacun. Vous pouvez soutenir l'association ou visiter notre boutique solidaire : chaque contribution aide à sauver, pierre après pierre et statue après statue, la mémoire de Freigné.
📍 Situer ce lieu sur la carte interactive des Vallons-de-l'Erdre