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Histoire 22 Mai 2026

Jean Hobé : Figure Historique et Instituteur Emblématique de Freigné

Directeur de l'école des garçons de Freigné, arrêté pendant l'Occupation puis déporté : ce que le récit local rapporte de Jean Hobé, et ce qu'il reste à…

Par Les Amis du Patrimoine de Freigné · · 5 min de lecture


Jean Hobé : Figure Historique et Instituteur Emblématique de Freigné

Le patrimoine des Vallons-de-l'Erdre ne se limite pas à ses vieilles pierres. Il s'incarne aussi dans la mémoire des hommes et des femmes qui ont fait son histoire. À Freigné, Jean Hobé reste une figure de référence pour plusieurs générations d'anciens élèves.

Une précision d'emblée, parce qu'elle change la façon de lire ce qui suit. Ce que nous rapportons ici nous a d'abord été transmis oralement, par des habitants de Freigné. Nous n'avons à ce jour retrouvé aucun document d'archive — ni acte d'état civil, ni dossier administratif, ni article de presse, ni archive de la déportation — qui vienne l'établir. Il existe en revanche, depuis 2023, une source écrite publiée qui raconte la même histoire, dans les mêmes termes : le livre du Cercle Culturel de Freigné. Ce n'est pas une preuve, mais ce n'est plus seulement une rumeur de village.

Reconstitution d'une salle de classe du début du XXᵉ siècle, au musée éclaté de Cardaillac (Lot). Photographie d'illustration : elle ne montre ni Jean Hobé, ni l'école de Freigné.
Reconstitution d'une salle de classe du début du XXᵉ siècle, au musée éclaté de Cardaillac (Lot). Photographie d'illustration : elle ne montre ni Jean Hobé, ni l'école de Freigné.

Ce que le récit local rapporte

D'après ce qui se transmet à Freigné, Jean Hobé serait arrivé dans la commune au début des années 1930 avec sa famille, et aurait pris la direction de l'école publique des garçons, poste qu'il aurait occupé jusqu'en 1955. Ceux qui l'ont eu comme maître décrivent un enseignement fondé sur le respect, la justice et la tolérance.

Le même récit rapporte qu'il aidait discrètement les religieuses de l'école des filles à tenir leurs écritures administratives — un geste qui, dans le contexte scolaire de l'époque, dépassait les clivages.

Ce qu'une source écrite en dit

Le Cercle Culturel de Freigné a publié Petite et Grande Histoire de Freigné, fruit de dix années de recherches et de recueil de témoignages. Le livre parle de Jean Hobé à trois endroits, et il lui consacre une notice entière, celle de la rue qui porte son nom.

Cette notice dit la même chose que ce qui se transmet oralement, et dans les mêmes termes : arrivé à Freigné au début des années 1930 avec sa famille, instituteur et directeur de l'école publique jusqu'en 1955, un enseignement « basé sur le respect, la justice et la tolérance », l'aide apportée aux religieuses de l'école des filles pour leurs documents « dans les années difficiles durant et après-guerre ». Puis, en avril 1941, à la sortie de midi, alors qu'il conduisait ses élèves jusqu'au portail comme il le faisait habituellement, « deux hommes se sont emparés de lui et l'ont entraîné dans une auto noire garée dans le virage ». Conduit en Allemagne, il tente une évasion, ce qui entraîne sa déportation dans les mines de sel de Silésie. Il est rentré à Freigné dès le printemps 1945, parmi les premiers libérés.

Ailleurs dans le même livre, à propos de l'école publique de garçons installée derrière la mairie : « C'est là que Mr Jean Hobé et son épouse Juliette ont enseigné. Après son arrestation, des remplaçants sont venus à chaque rentrée. » Et plus loin : « Cette école a connu un épisode douloureux lors de la seconde guerre mondiale. L'instituteur Mr Jean Hobé y fut arrêté un jour d'école devant tous ses élèves. » Nous y apprenons au passage le prénom de son épouse, Juliette, que nous ne connaissions pas.

Ce que cela change, et ce que cela ne change pas. Un récit publié vaut mieux qu'un récit de bouche à oreille : il est daté, signé, opposable. Mais le Cercle Culturel a travaillé comme nous, en recueillant des témoignages à Freigné — il est donc possible que les deux versions remontent aux mêmes personnes. La concordance augmente la confiance ; elle ne remplace pas un document. Nous cherchons toujours celui-ci.

Un fait, lui, est certain et vérifiable : c'est le Cercle Culturel qui a proposé à la municipalité de donner le nom de Jean Hobé à la rue principale menant au lotissement des Margots, et le conseil municipal l'a validé en séance de novembre 2014. Quatre-vingts ans après l'arrestation, le village a mis son nom sur une plaque.

L'arrestation, telle qu'elle est racontée

Le récit situe l'arrestation en avril 1941, à la sortie des classes de midi, alors que l'instituteur accompagnait ses élèves jusqu'au portail de l'école. Deux hommes se seraient saisis de lui et l'auraient fait monter de force dans une voiture garée dans le virage. Des enfants en auraient été témoins.

Nous ne savons pas qui procéda à cette arrestation. Le récit transmis ne le dit pas, et nous n'avons trouvé aucun document permettant de l'établir. Pour un fait de cette nature, sous l'Occupation, ce n'est pas un détail : la question reste entière.

Une Citroën Traction Avant, modèle de 1954. Photographie d'illustration, postérieure aux faits : elle ne représente pas le véhicule dont parle le récit.
Une Citroën Traction Avant, modèle de 1954. Photographie d'illustration, postérieure aux faits : elle ne représente pas le véhicule dont parle le récit.

La déportation

Le récit rapporte ensuite un transfert en Allemagne, une tentative d'évasion, et en représailles une déportation vers des mines de sel, en Silésie. Il situe le retour à Freigné au printemps 1945, suivi d'une reprise de l'enseignement dans la commune.

Ces éléments sont précis, donc vérifiables — mais nous ne les avons pas vérifiés. Nous les rapportons sans les confirmer, et sans y ajouter de contexte historique que rien, dans le récit, ne nous autorise à écrire.

Galerie de mine de sel. Photographie d'illustration, sans rapport documenté avec le lieu de détention évoqué par le récit.
Galerie de mine de sel. Photographie d'illustration, sans rapport documenté avec le lieu de détention évoqué par le récit.

Où nous cherchons

Plusieurs fonds peuvent permettre d'établir ou d'infirmer ce récit : les Archives départementales de Loire-Atlantique et celles de Maine-et-Loire, puisque Freigné relevait alors de ce département ; les archives de l'Éducation nationale pour la carrière d'un directeur d'école ; le Service historique de la Défense à Caen, qui conserve les dossiers individuels des déportés et internés. Les registres de l'école et les gazettes locales détenues par des membres de l'association restent également à dépouiller.

Appel à témoins

Si vous avez connu Jean Hobé, si vous avez été son élève, ou si votre famille conserve une lettre, une photographie de classe, un bulletin, une coupure de presse ou un document administratif le concernant, écrivez-nous. Une seule pièce datée vaut mieux que dix récits concordants, et nous corrigerons cette page sans hésiter — y compris si elle nous donne tort.

Nous republierons cet article au fur et à mesure de ce que nous pourrons établir, en indiquant à chaque fois sur quoi nous nous appuyons.

Cette mémoire ne tient qu'à ceux qui la portent

Aider l'association, c'est donner du temps à ce travail de vérification avant que les derniers témoins ne disparaissent.

Situer l'école de Freigné sur la carte interactive

Ce lieu se trouve sur la commune de Freigné, dans les Vallons-de-l'Erdre. À lire aussi : histoire et patrimoine de Freigné.

Questions fréquentes

Qui était Jean Hobé ?

Selon le récit transmis localement, Jean Hobé dirigeait l'école publique des garçons de Freigné à partir du début des années 1930 et jusqu'en 1955. Il aurait été arrêté pendant l'Occupation puis déporté. À ce jour, l'association n'a retrouvé aucun document établissant ce parcours : il repose sur une transmission orale.

Ce récit est-il documenté ?

Non. Ni acte d'état civil, ni dossier administratif, ni article de presse, ni archive de la déportation n'ont été retrouvés à ce jour. L'association publie ce témoignage comme élément de la mémoire du village, en le signalant explicitement comme non vérifié, et poursuit ses recherches.

Que cherche l'association sur Jean Hobé ?

Tout document daté : photographie de classe, bulletin scolaire, lettre, coupure de presse, pièce administrative, ou témoignage d'ancien élève. L'association explore par ailleurs les Archives départementales de Loire-Atlantique et de Maine-et-Loire, les archives de l'Éducation nationale, et le Service historique de la Défense à Caen.

Sources & pour aller plus loin

  • Cercle Culturel de Freigné, Petite et Grande Histoire de Freigné (origine des noms des rues et des villages)