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Histoire 17 Mai 2026

Le Mystère de Freigné : Que Cache le Nom de Notre Village ?

Derrière chaque nom de village se cache une histoire millénaire. D'où vient celui de Freigné ? Évoque-t-il la nature environnante ou le domaine d'un…

Par Les Amis du Patrimoine de Freigné · · 3 min de lecture


Le Mystère de Freigné : Que Cache le Nom de Notre Village ?

Derrière chaque nom de village se cache une histoire millénaire. Celui de Freigné ne fait pas exception. D'où vient ce nom ? Évoque-t-il la nature environnante ou le domaine d'un lointain ancêtre gallo-romain ? Plongée dans les racines étymologiques de notre commune des Vallons-de-l'Erdre.

Les menhirs de Bennefraye, à Freigné : la présence humaine y remonte à cinq mille ans, bien avant que le nom du village ne soit consigné par écrit vers l'an 1050.
Les menhirs de Bennefraye, à Freigné : la présence humaine y remonte à cinq mille ans, bien avant que le nom du village ne soit consigné par écrit vers l'an 1050.

1050 : la première trace écrite

Il faut remonter près de mille ans en arrière pour saisir l'origine de Freigné. Le nom de notre bourgade apparaît pour la première fois sous sa forme latine, Frugniacus, dans un acte de la première moitié du XIe siècle : la charte de Carbay, que le comte René de l'Esperonnière date « 1050 circa » dans son Histoire de la baronnie de Candé (1894).

En 1123, les écrits mentionnent la variante Frugiacus (dom Morice, Preuves, I, 548). Il faut attendre 1383 pour voir apparaître la première version francisée, joliment orthographiée Fruigné. À partir du XVe siècle (registres de 1412 et 1498), la forme Frigné s'impose progressivement, et c'est encore elle que l'état civil emploie en 1660.

1030 ou 1050 ? Deux érudits, deux dates

La date mérite une précision, car les deux grands ouvrages de référence du XIXe siècle ne disent pas tout à fait la même chose. Célestin Port, dans son Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire (1876), donne Frugniacus en 1030, en renvoyant aux Archives d'Anjou de Paul Marchegay (t. II, p. 3). René de l'Esperonnière, lui, écrit Frugniacus, « 1050 circa », et nomme le document : la charte de Carbay.

Les deux érudits lisent la même forme du nom, à vingt ans près. Le plus probable est qu'il s'agisse du même acte : à cette époque, beaucoup de chartes ne portent aucune date, et ce sont leurs éditeurs qui la leur attribuent, d'après les personnes citées. Retenons donc ce qui est sûr et qui suffit largement : le nom de Freigné est écrit depuis la première moitié du XIe siècle, soit près de mille ans.

Le cadre boisé de la vallée de l'Erdre à Freigné : selon une première hypothèse, le nom du village évoquerait le frêne (latin fraxinus), arbre autrefois abondant sur ces terres.
Le cadre boisé de la vallée de l'Erdre à Freigné : selon une première hypothèse, le nom du village évoquerait le frêne (latin fraxinus), arbre autrefois abondant sur ces terres.

Hypothèse n°1 : le village des frênes

La première théorie est liée à la botanique. Le nom de Freigné pourrait dériver du mot latin fraxinus, qui désigne le frêne. L'hypothèse a quelque chose de bucolique. Elle laisse imaginer un territoire originel remarquable par la présence abondante de cet arbre. Mais pour les linguistes, le lien entre fraxinus et Frugniacus reste incertain et difficile à prouver.

Le bourg de Freigné vu du ciel : à l'origine, sans doute le « domaine de Frennius », un propriétaire gallo-romain dont le nom (Frenni-acum) aurait donné Freigné.
Le bourg de Freigné vu du ciel : à l'origine, sans doute le « domaine de Frennius », un propriétaire gallo-romain dont le nom (Frenni-acum) aurait donné Freigné.

Hypothèse n°2 : le domaine de Frennius

La seconde explication, scientifiquement plus probable, nous ramène à l'époque gallo-romaine. Il est très vraisemblable que Freigné tire son nom d'un certain Frennius, le maître des lieux à l'époque. En ajoutant le suffixe -acum (« la propriété de »), on obtient Frenni-acum. Le tout évoluera en Frugniacus. Freigné signifierait alors, littéralement, le domaine de Frennius.

Le suffixe d'appartenance -acum a presque toujours évolué pour donner une terminaison en -é dans notre région. C'est un trait commun à environ un cinquième des communes du Maine-et-Loire historique. Pensez à nos voisines : Armaillé (le domaine d'Armalius) ou Andigné (le domaine d'Andinius).

Héritiers des frênes ou du lointain domaine de Frennius, peu importe finalement : nos racines sont profondes. Aidez-nous à faire vivre cet héritage.

Ce lieu se trouve sur la commune de Freigné, dans les Vallons-de-l'Erdre. À lire aussi : histoire et patrimoine de Freigné.

Sources & pour aller plus loin